Wow. Quelle lecture !
Lennie a 17 ans et vient de perdre sa sœur Bailey de 19ans.
Elle ne s’en remet pas. Il y a elle et puis il y a les autres. 2 mondes différents. Sa grand-mère Manou qui sort tout droit de la famille Ingalls, son oncle Big le déjanté, sa meilleure amie Sarah : ils ne peuvent pas souffrir autant qu’elle : elle refuse de partager ce qu’elle ressent avec eux, elle préfère s’isoler.
Quand elle revoit Toby, le petit ami de sa sœur, elle comprend qu’elle n’est pas seule, lui aussi souffre, autant qu’elle. Il est le seul à la comprendre, Bailey était aussi sa moitié. Comme pour elle.
Et finalement, il y a Joe Fontaine, le nouveau qui respire la joie de vivre, ou plutôt, qui est la vie, il est passionné de musique, comme elle, mais il n’a pas connu Bailey.
Le sujet est émouvant et arrache les larmes, certes, mais ce n’est pas ça qui fait que j’ai été aussi émue, que j’ai pleuré, que j’ai eu envie de crier, de la secouer et de lui ouvrir les yeux pendant toute la première partie du livre.
Non, c’est le style, ce sont les descriptions de toutes ces émotions : la douleur, la joie, la culpabilité de s’autoriser de tels moments, c’est tout le ressenti, le désespoir de Lennie.
Ses réflexions sur tout ce qui l’entoure et sa nouvelle perception de la vie sans sa sœur sont si justes que l’on ne peut s’empêcher de penser « voilà, c’est exactement ça que les personnes en deuil doivent ressentir ».
Mais ce n’est pas que triste car Lennie a un sens de l’autodérision assez prononcé, donc elle arrive souvent à nous arracher des sourires, et puis, parce que, peu à peu, on entrevoit l’espoir, et l’acceptation : de la mort mais aussi d’être encore en vie, et de vouloir en profiter.
Toutes les personnes de ce livre sont attachantes, sans exception. Leurs sentiments sont finement analysés.
Ceux qui sont exclus et ne savent pas comment faire pour réintégrer leurs places dans la vie de Lenny, ceux qui sont aussi ravagés qu’elle et qui le montrent, et ceux qui veulent la faire avancer vers une nouvelle vie, vers une nouvelle Lenny.
En conclusion, j’ai beaucoup aimé et beaucoup ressenti.
C’est beau et c’est bien écrit.
Je le conseille même en période de coup de blues, car au final, ce roman est une ode à la vie.
Un grand merci à Clarabel pour ce livre.