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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 06:00

 

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Oh mon dieu, comment vous parler de ce livre ?

D’ailleurs, le dois-je vraiment ? Ne sommes-nous pas, avec mes copines de lecture, les dernières personnes au monde (oui l’extrapole est mon amie), à ne pas avoir lu « le comte de Monte-Cristo » ?
Si la réponse est non : un seul mot (ou plutôt deux)(car, comme Edmond Dantes, je tiens à être précise) : lisez-le.

 

Ce livre n’est pas un simple coup de cœur. C’est une révélation.

Oui, je vois d’ici vos craintes (que je comprends vu qu’elles étaient miennes aussi): 1500 pages, tout de même, et rien de moins que 117 chapitres. Il y a de quoi effrayer.

 

Et pourtant...
Pourtant, j’ai dévoré ce livre.

Le style est sublime et jamais alourdi par de trop grandes descriptions.

 

Ce livre,

C’est la jeunesse et l’insouciance; le bonheur à portée de main suivi de trop près par la jalousie, l’espérance et l’injustice.

Mais, cette fois, c’était bien autre chose : cette peine de la prison perpétuelle, il venait de l’appliquer à un innocent, un innocent qui allait être heureux, et dont il détruisait non seulement la liberté, mais le bonheur : cette fois, il n’était plus juge, il était bourreau.

 

Ce livre, ce sont des doutes, des peurs, l’incompréhension, le désespoir et la résignation. 

Alors sa poitrine sembla se déchirer dans un long sanglot. Les larmes qui gonflaient sa poitrine jaillirent comme deux ruisseaux, il se précipita le front contre terre et pria longtemps, repassant sans son esprit toute sa vie passée, et se demandant à lui-même quel crime il avait commis dans cette vie, si jeune encore, qui méritât une si cruelle punition.

 

Mais c’est aussi l’espoir qui pointe quand on s’y attend le moins.

Faria s’appesantissait tous les jours sur la quantité de ce trésor, expliquant à Dantès tout ce qu’avec treize ou quatorze millions de fortune un homme dans nos temps modernes pouvait faire de bien à ses amis ; et alors le visage de Dantès se rembrunissait, car le serment de vengeance qu’il avait fait se représentait à sa pensée, et il songeait, lui, combien dans nos temps modernes aussi un homme avec treize ou quatorze millions de fortune pouvait faire de mal à ses ennemis.

 

C’est la patience et l’attente…

Et enfin, la vengeance.

Je suis fâché de vous avoir aidé dans vos recherches et de vous avoir dit ce que je vous ai dit, fit-il.
- Pourquoi cela ? demanda Dantès.
- Parce que je vous ai infiltré dans le cœur un sentiment qui n’y était point : la vengeance. 
Dantès sourit.

 


Oh, comment vous expliquer tout ce que j’ai aimé dans ce livre ?
Comment décrire à travers un malheureux billet toutes les émotions que j’ai ressenties ?

 

J’ai été touché par la bonté d’Edmond Dantes, ce jeune marin à qui la vie sourit.

Et maintenant, dit l’homme inconnu, adieu bonté, humanité, reconnaissance… Adieu à tous les sentiments qui épanouissent le cœur ! Je me suis substitué à la Providence pour récompenser les bons… que le Dieu vengeur me cède sa place pour punir les méchants ! 

 

J’ai vu avec horreur le plan de ses ennemis se dessiner et son destin se décider.

J’ai souffert avec lui lors de sa détention, aimé l’Abbé Fariah comme s’il était mon propre sauveur, hurlé de joie lors de son escapade…

J’ai souri devant son ingéniosité, admiré les ficelles qu’il tirait, été admirative en comprenant, au compte goutte, tous les liens que je n’aurais pu imaginer et frémi devant l’homme si sur de lui et si impartiale qu’est devenu notre jeune marin.

Mes ordres sont d’ordinaire courts, mais clairs et précis ; j’aime mieux les répéter à deux fois et même à trois, que de les voir mal interprétés. Je suis assez riche pour savoir tout ce que je veux savoir, et je suis fort curieux, je vous en préviens. Si j’apprenais donc que vous ayez parlé de moi en bien ou en mal, commenté mes actions, surveillé ma conduite, vous sortiriez de chez moi à l’instant même. Je n’avertis jamais mes domestiques qu’une seule fois ; vous voilà averti, allez !

 

J’ai été émue, je me suis posée mille questions, je suis allée de révélations en révélations, de rebondissements en rebondissements et chaque fois que je pensais que Dumas avait atteint le summum de l’ingéniosité, j’étais à nouveau surprise, choquée et j’ai ri de moi-même de n’avoir rien vu venir (moi, qui lis les spoilers ! Un comble).

Monsieur Beauchamp, interrompit l’homme étrange, ce qui commande à M. le comte de Monte-Cristo, c’est M. le comte de Monte-Cristo. Ainsi donc, pas un mot de cela, s’il vous plait. Je fais ce que je veux, monsieur Beauchamp, et, croyez-moi, c’est toujours fort bien fait.

 

J’ai haï Danglars, Caderousse, Vilefort et Morcef.

Mais vous venez de dire, je crois, que je n’avais rien à faire. Voyons, par hasard, croyez-vous avoir quelque chose à faire, vous, monsieur ? ou, pour parler plus clairement, croyez-vous que ce que vous faites vaille la peine de s’appeler quelque chose ? » L’étonnement de Villefort redoubla à ce second coup si rudement porté par cet étrange adversaire ; il y avait longtemps que le magistrat ne s’était entendu dire un paradoxe de cette force, ou plutôt, pour parler plus exactement, c’était la première fois qu’il l’entendait.

 

J’ai adoré Mr Mourtier et Morel père et fils.

J’ai ri devant le panache de Mme Douglars.

Je me suis interrogée sur les motivations de Mme Vilefort, sur Haydée, et sur la comtesse G.

J’ai été admirative de l’imagination de l’auteur.

J’ai compris, soutenu, craint et aimé le comte de Monte-Cristo.
Je n’ai que deux adversaires ; je ne dirai pas deux vainqueurs, car avec la persistance je les soumets : c’est la distance et le temps. Le troisième, et le plus terrible, c’est ma condition d’homme mortel. Celle-là seule peut m’arrêter dans le chemin où je marche, et avant que j’aie atteint le but auquel je tends : tout le reste, je l’ai calculé. Ce que les hommes appellent les chances du sort, c’est-à-dire la ruine, le changement, les éventualités, je les ai toutes prévues ; et si quelques-unes peuvent m’atteindre, aucune ne peut me renverser. A moins que je ne meure, je serais toujours ce que je suis ; voilà pourquoi je vous dis des choses que vous n’avez jamais entendues, même de la bouche des rois, car les rois ont besoin de vous et les autres hommes en ont peur.

 

Oui, j’ai aimé ce livre et encore, ce mot est faible. Chaque chapitre m’a apporté son lot d’émotions et j’en ai aimé chacun d’eux.

Il n’y a ni bonheur ni malheur en ce monde, il y a la comparaison d’un état à un autre, voilà tout. Celui-là seul qui a éprouvé l’extrême infortune est apte à ressentir l’extrême félicité. Il faut avoir voulu mourir, Maximilien, pour savoir combien il est bon de vivre.

 

J’ai vécu ces 1500 pages comme un rêve dont je sais qu’il me marquera longtemps.

De bon, de confiant, d’oublieux que j’étais, je me suis fait vindicatif, dissimulé, méchant, ou plutôt impassible comme la sourde et aveugle fatalité. Alors je me suis lancé dans la voie qui m’était ouverte, j’ai franchi l’espace, j’ai touché au but : malheur à ceux que j’ai rencontrés sur mon chemin !

 

Et maintenant, je m’interroge. Quel livre pourra surpasser celui-là ?
Quel livre saura allier une écriture aussi belle et fluide avec une intrigue si riche et si prenante ? Quel livre pourra me transporter si loin, me faire détester tant de personnes et en aimer tant d’autres ? Et quel livre pourra me donner tout ça, avec, en outre, une panoplie riche d’émotions ? Bref, comment trouver un livre aussi complet et aussi bien ficelé, maintenant ?

Me voilà bien orpheline, mes amies, en refermant ce livre, mais que voulez-vous, je ne regrette pas ce sentiment, ça aurait par trop dommage de passer à côté de ce bijou.

 

 

 

 

 

Le Comte de Monte-Cristo - Alexandre Dumas
Editions Folio Classique - 1454 pages

  

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Published by Cess - dans Classique
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commentaires

Pyrine 16/05/2013 21:12

Comme je te comprends d'aimer, d'adorer ce livre... Personnellement, je le relis une fois par an et je ne m'en lasse toujours pas.

Caro Bleue Violette 16/05/2013 14:07

Eh beeeeeeeeeeeeeeeeeeeeh :)

Ton enthousiasme est en effet contagieux ! Et si je ne gardais pas le souvenir très net de ne pas avoir du tout aimé ce roman (et d'avoir été agacée par Dantès qui me gonflait avec Mercedes ^^), je
pense que l'aurais mis dans ma liste à relire...Mais tu vas donner envie à plein de monde de le lire et ça c'est chouette, parce que même si je n'ai pas aimé, je sais qu'objectivement c'est un beau
roman, c'est juste que j'ai un souci avec la plupart des classiques français et que Dumas et moi ne faisons pas bon ménage :)

raistlin 16/05/2013 10:35

Ah, magnifique billet !! j'adore ton enthousiasme très communicatif ^^
J'ai lu ce roman, il y a bien, bien longtemps (dans une lointaine galaxie, lol) et je me souviens avoir adoré aussi, par contre j'étais gamine et c'était la version abrégée comme keisha ;)
ça me donne envie de re-lire la version complète.
En effet, ça sera difficile de trouver mieux comme classique à lire après ça, mais à l'époque j'avais aussi lu et beaucoup aimé Les Mystères de Paris d'Eugène Sue (ah ! Rodolphe ! ) et L'homme de
Neige de George Sand, si t'as l'occasion de les lire ;) ...

Laurie 15/05/2013 20:58

Je l'ai lu il y a euh... longtemps... et j'avais beaucoup aimé. J'avais pleuré, applaudit et ragé tour à tour. La seule chose qui m'avait un peu gênée, même à l'époque, c'est l'histoire entre lui
et Haydée. Si mes souvenirs sont bons elle en parle comme de son père adoptif, alors tomber amoureuse de son père, même adoptif .... Mais j'avais eu le même problème avec Le bossu de Paul Féval. Et
puis à 17 ans, on imagine mal une fille de son âge tomber amoureuse d'un "vieux" ! :-))

bladelor 15/05/2013 15:52

Je ne lis pas ton billet car je ne l'ai toujours pas terminé. Je n'en suis pas encore au coup de coeur, mais plus j'avance, plus j'aime.

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- John Green est un génie...

- Swap en cours de finition ! J'ai enfin trouvé LE cadeau que je voulais absolument !

 

 

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